Partager l'article ! NanaRoseMonde Chap 4: 13 mars 2008   ...
13 mars 2008
« Bordel de chiotte j’ai une infection urinaire »
Oh mon a, mon bel a…
Où erres-tu, dans quel état te terres tu, pourquoi ?!
Il fait soir et bon. Big party sur le toit du monde, une Björk baba-cool nous roule dans ses mains, comme des grains de sable.
Nana-Rose a déjà su amortir le buffet, tout de rosé…et au détour d’un petit four le bel a, jamais dépourvu, nous abreuve d’un peu de liqueur..
Il fait soir et bon. Big party sur le toit du monde. Règne sur la ville. Une Björk baba-cool nous roule dans ses mains, comme des grains de sable.
Je continue de dédaler, bien accompagnée, légèrement remontée, et rosée. De la musique, de la verdure, de longs couloirs et des allées blanches, noires de monde. Surtout près du bar. Ou encore du coin où crache une sono pourtant sympathique. Ou encore là-bas où s’égrènent des DJs reconnus, tout du moins ici.
Nana-Rose croise quelqu’un, et puis quelqu’un d’autre. Nana-Rose trinque, essaye de communiquer et de sortir de ce manteau de loose qui la serre depuis quelques jours. Nana-Rose tire sur le bédo, congratule les flatteurs et amuse la sécurité.
Je continue de dédaler.
Je plonge dans un puits de sueur pendant 20 minutes, dans le coin des DJs reconnus. J’ai aperçu plusieurs fois mon bel a, de loin…
Tu parles d’un bel a. Cette espèce de grand truc fou qui me fait tellement peur. Et qui me divertit tellement. Trop.
Près d’un grand saule Nana-Rose revoit un fantôme, plus gentil mort que vivant ; ils s’échangent diverses amabilités, puis en viennent d’autres, de gens.
D… est grand et moi je suis partout.
Nana-Rose se farine.
Il fait soir et bon. « Sympathy for the devil » a retenti il y a plus d’une heure déjà, il est tard.
La Big party dans les catacombes de l’univers prend fin, la sécurité éparpille les danseurs/fumeurs/buveurs/tchatcheurs/dragueurs/vendeurs/consommateurs.
Alors les gens s’en vont. Et je reste seule dans ce grand palais froid et labyrinthique, où ne sont plus demeurés que les habitants.
Je cherche le bel a, 50% tout roses des raisons de ma présence ici, maintenant, et comme ça…
Qui m’a promis un lit pour dormir, au moins, dans lequel je ne sais même plus s’il a envie de me rejoindre.
Nana-Rose cherche. Elle poupoule dans toutes les directions, hoquetée, de plus en plus déconfite. Elle trouve finalement le chevalier blanc, frère d’armes du grand fou, qui lui avait élégamment juré de s’occuper gratuitement d’elle. De s’occuper d’elle. Tu n’as pas vu le grand fou ? Non je le cherche aussi voyez-vous…
Mais dis donc, toi non plus tu n’arrives plus à articuler…grmblbffffffff ??? broum pruût zlouklibernasse.
Ok alors on y va.
Nana-Rose et le chevalier blanc abandonnent la grande pièce qui se vide, quittent le palais, et gagnent les jardins ; marbre et chlorophylle.
A 02h47 sur le cadran lunaire le grand fou s’est assis, en grande conversation avec une brune dont Nana-Rose ne saurait pas même dire si elle est jolie, tant elle est en mode nique sa mère.
Elle roucoule, elle susurre, elle se frotte…Mais le grand fou est ferme. « Non je ne te ferai pas l’amour ».
Nana-Rose aspire un râle. Et s’éloigne, élégamment suivie par le chevalier blanc dont le petit bout le titille déjà. Puis le grand fou disparaît dans la nuit, avec sa brune.
« Il est parti la baiser. C’est sûr. C’est un grand fou. »
Nana-Rose essaye de feindre l’indifférence. « Tu crois vraiment ? »
« Mais n’aies point d’inquiétude gente et bonne demoiselle!!! Je t’offre bien volontiers mes services et je vais combler ce vide qui te dévore, cette bouche implorante, d’un petit coup de va-et-vient à l’arrière de ma caisse sur fond de « je t’aime pour toujours ». Capote offerte ».
Le vagin sur pattes se cramoisit de l’offense, pas de l’allusion directe à son cloaque grouillant, mais bien de l’officialisation de ce fait, désormais avéré : il en a rien à battre ton bel a de ta gueule, tellement que son pote se croit autorisé à piocher dans le bol.
Mon bel a…
Après avoir fait fleurir l’air dans sa bouche pendant près de vingt minutes, Nana-Rose prend péniblement la décision de partir comme une princesse, fièrement, crânement, sur ses souliers crottés, à l’assaut de sa colline. Sur les marches du palais elle télégraphie au bel a son intention de quitter ce haut lieu de goujaterie quand elle l’entend soudain hurler : « Mon boudoir !! Les salauds d’enculés de leurs mères, mon fucking boudoir !!! Pourquoi ?!!!! »
Nana-Rose se précipite à l’intérieur du palais et accourt dans l’allée, où le grand fou se désespère. Boudoir saccagé. Boudoir violé.
Le grand fou est furieux. Fulmine. Il enrage après l’intervention moqueuse de la police. Nana-Rose, assise sur un banc maculé de lune, ne sait pas quoi faire, si ce n’est attendre, partager la fin du champagne de ce charmant archiduc, tenter de canaliser les velléités grossières du chevalier bilé.
Je ne sais plus quand, je ne sais plus comment, nous nous sommes retrouvés à marcher, le grand fou, le chevalier et moi, et puis d’autres, dans la grande allée qui borde les ailes résidentielles du palais. Et puis ce type est passé, flanqué d’une blondinette dont le cloaque la titillait bien. T-shirt « eighties forever », il chantait tout à l’heure. « C’est lui, je suis sûr que c’est lui ». Le grand fou s’élance. Il le saisit, s’en empare. Il vitupère. Il vocifère. Il est sûr de tenir son coupable. Nana-Rose tente benoîtement de s’interposer, elle ne veut pas que le bel a se batte, même si il est fou, même si d’elle il s’en fout. La blondinette défend son bout de viande et réclame que je contrôle mon cheval. Contrôler quoi, 1m90 de fureur folle et compassée. J’obtiens simplement qu’il ne le frappe pas, qu’il s’assure d’abord de tenir son coupable, après quoi nous procéderons à un châtiment exemplaire dans l’arrière-salle de l’atelier malabar/acrylique.
De nouveaux gens sont venus se coller à cette chose moche qui est en train de se passer, tandis que la blonde engueule toujours mon fou, qui incendie le t-shirt azur. Le chevalier blanc, dont le bout le titillait décidément trop, a préféré se retirer en maudissant les hommes et la création, après avoir finalement intégré qu’il n’irait pas patauger dans le cloaque de Mademoiselle Monde.
Nana-Rose Monde qui surveille de loin l’opération gestapo de son amant.
Les oiseaux caressent les premières lueurs de l’aube.
A un moment… Plusieurs filles sont arrivées. Dont une, pas haute, un peu ronde, toute bouclée. S’est jetée sur le grand dos du fou, l’a martelé, la droite, la gauche, la droite, la gauche…
Très instinctivement, dans ce soir qui n’était plus si bon, Nana-Rose se précipite sur la demoiselle pour la saisir par les mains, lui demander pourquoi, lui intimer le calme. « Tu arrêtes de le frapper ». Lui a, en vérité à peine cillé, trop occupé à haïr le t-shirt azur.
La demoiselle refuse de se calmer. Se jette avec une rage féroce contre le fou, et reprend sa violente logorrhée.
Nana-Rose intervient encore.
Encore.
La demoiselle ne cesse de hurler, puis « Connard !! Espèce de connard !!! Tu m’as baisée et tu t’en fous !!!! », qu’elle lâche en forte, ulcérée.
Aouch.
Aouch.
Il l’a baisée.
Il a mis ce qui me comble dans le cloaque d’une autre.
D’elle.
Qui l’insulte et le frappe.
Qui désormais m’attaque quand je souhaite intervenir.
Une jolie montée de colère. Rouge. Poudrée. Tu ne le frappes pas. Tu ne me frappes pas quand j’essaye de t’en empêcher. Et ce reptilien… : « ce bout là il est à moi ! »
Nana-Rose, petite bourgeoise timorée, hippie has-been et messie autoproclamé de la communication. Nana-Rose chope la demoiselle par les cheveux, sèchement, rabat la tête bouclée face goudron. Je flanque un coup de genou dans les reins de cette pute et je la fais s’allonger sur le sol. Je tiens toujours sèchement ses cheveux, elle ne bouge plus. Face goudron.
La main qui tient les cheveux fait choquer la tête et le bitume. « Tu te calmes maintenant ? ».
La demoiselle ne bouge plus.
Alors Nana-Rose se relève. Se relève avec une nausée, grisée. Horrifiée de sa propre violence, impressionnée d’avoir gagné la bataille. Avant de saisir la touffe d’anglaises, elle a eu peur. Peur de s’en prendre une. Tant et si bien qu’elle a littéralement terrassé la demoiselle. Nana-Rose voudrait vomir de honte. Elle parvient tout juste à se relever. A demander pardon. A se justifier « Il fallait que tu te calmes, tu peux pas le taper comme ça ».
Mes excuses me sont réexpédiées à l’horizontale par voie anale. Alors je ne sais plus. Quelques coups. Plein de gens à vouloir la défendre. Tout le monde mate mais personne n’intervient vraiment. Si ce n’est que Nana-Rose est copieusement insultée. Le public penche en faveur de la demoiselle, c’est mauvais pour les sponsors.
Le grand fou s’engueule toujours avec le t-shirt azur. Je voudrais qu’il voit que moi je le crois, que je suis à ses côtés, que je
laisserai personne lui faire du mal. La demoiselle est furieuse contre moi. Je suis juste furieuse. Contre elle lorsqu’elle s’empare de ma crinière qu’elle croit devoir prendre pour une perruque.
Scalp - 2 et des plaintes légèrement surjouées pour qu’on vienne récupérer ce truc immonde avec lequel je me débats depuis déjà cinq minutes. On lui
fait lâcher prise. Le bout de crinière est toujours en place. Je fonds en larmes. De rage, de désolation.
Nana-Rose est dans une spirale de mocheté. S’est battue avec une autre femelle, pour un mâle. A fait mal à la dite femelle. Nous nous haïssons cordialement sans nous être jamais parlées.
Nana-Rose est en larmes.
Tout le monde est parti.
Une petite fée est venue récupérer Nana-Rose et lui rappeler de respirer. Alors la Nana commence à se calmer. Non elle voit le grand fou en haut de l’allée retenu par quatre personnes, tentant de rattraper le t-shirt azur qui s’enfuit avec sa blonde. Et il hurle. Il faut que j’aille le voir tout de suite « Non dit la fée, calme-toi d’abord ». D’accord. De toute façon le grand fou revient. J’ai beau avoir mal aux cheveux et être désespérée par le constat de tant de misère, il a beau être totalement furieux et insaisissable, je suis contente qu’il soit là. Parce qu’il est revenu pour moi. Et qu’à cet instant précis, tout ce que je suis c’est pour lui.
Moult palabres et conversations animées. Moult allers-retours « je m’en vais comme une princesse/je reviens comme une loque ».
On ne peut pas parler de cet accident de baise avec la frisée parce qu’il est trop furieux, il veut venger l’intimité de son boudoir, il veut pourfendre celui qui l’a violé. Il ne peut pas calmer les petites angoisses puériles et égocentriques de la nana rouge vif.
La nana rouge vif le comprend. Elle tente de prendre sur elle. Mais quelque part en elle il y a une petite pièce, une toute petite pièce qui a pris un coup. Une petite pièce qui brûle.
En mode nique sa mère toujours. Il est 7 heures, je peux rentrer dans ma colline by bus. Mais je suis venue pour le voir. Je ne l’ai pas encore vu. Je vois qu’il est mal, qu’il est furieux, qu’il se sent désolé que la Nana-Rose ait été happée par ce tourbillon de méduses. Je veux rester avec lui s’il est mal. Je peux l’aider.
Finalement il se couche et je me serre contre lui. Secouée régulièrement par des spasmes, par des à-coups. Ceux de son pénis dans le vagin de la demoiselle. Et ça me brûle.
Je suis épuisée. J’ai trop pleuré. Je me suis trop divertie.
Le lendemain il fait un grand soleil blond. Chauffe mon dos tandis que je marche dans la ville, chauffe ma joue alors que j’attends le bus. Je finis par rentrer. Plus vide que jamais.
L’avenir de Nana-Rose et de son bel a est, à cet instant précis, fortement compromis. Tant de violence au 6ème rendez-vous, la décence voudrait que l’on stoppe cette relation.
Je suis inquiète pour lui. Je suis inquiète pour moi, dans lui et moi. Je suis inquiète pour moi.
Et puis, bordel de chiotte, il me manque.
Télégramme.
« Vais bien stop espère que toi aussi stop aurais besoin que tu me dises que tu t’en fous pas de moi même si je te l’ai déjà un peu fait dire ce matin stop mais comprends que tu sois perturbé par tout ce qu’il s’est passé stop
Te souhaite bien du courage stop t’embrasse »
Et le grand fou de répondre :
« La demoiselle qui a un nom de plante verte, et un œil au beurre noir aujourd’hui, m’accuse de l’avoir violée. Le roi m’a déjà signifié mon congé. J’ai 24 heures pour disparaître du palais ».
D’abord la stupeur. C’est trop incroyable, c’est trop fou, c’est trop divertissant. Certes. Sauf qu’en plus c’est vrai.
Je ne lui ai même pas demandé si c’était vrai ou pas, où si elle avait des raisons de professer ce genre d’accusations, grave. Parce que depuis hier il me dit, que la nana au nom de plante verte il l’a baisée un soir de grande beuverie, que son pote a maté, et qu’elle n’assume pas de s’être faite baisée juste comme ça. Alors quand le mot viol a retenti, c’est immédiatement le scénario pour lequel j’ai opté. Mes coups lui auront donné un peu plus la haine. Puis a surgi le doute. Un doute immonde. Mon bel a serait un violeur ? violeur de cette chose ? Met des drogues dans le verre des filles ? Tout ça pour baiser ça ?
La veille de mon retour dans la contrée…
Et puis violer une meuf qui est dans la même école, vit dans le même dortoir…Il en a des défauts mon fou, mais il n’est pas stupide.
Je crois le connaître. J’adorerais pouvoir dire, avec conviction, que je le connais, que je suis sûre qu’il n’a rien à se reprocher. Que « il n’y a pas de fumée sans feu » est un principe fascisant. Il est doux, infiniment doux, et bien élevé. Mon fou c’est pas un violeur.
Soit Nana-Rose le croit en dépit de tout. Envers et contre tous, le soutient, se bat avec lui pour que les pendules soient remises dans l’ordre alphabétique. Soit je me laisse dévorer par ce doute immonde. Je disparais mollement. Et je l’abandonne.
Il semble que pour l’instant Nana-Rose, toute sotte et benoite, affiche un soutien inconditionnel à Monsieur Bel A.
Entière, toute entière, prodigue soin conseil et amour en priant qu’il ne la répudie pas, et qu’il ne disparaisse pas.
Et son vagin brûlant, toujours plus se serre.
Bordel de chiotte.
Ca y est j’ai une infection urinaire.
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